La STARAQS et l’Agence Régionale de Santé Île-de-France ont officiellement signé une convention de subventionnement pour la période 2025-2027. Dotée d’un budget annuel pour les trois prochaines années, cette convention renforce les capacités d’accompagnement de la STARAQS auprès des professionnels de santé, des établissements sanitaires, médico-sociaux et des structures de soins ambulatoires, pour une amélioration continue des pratiques et une meilleure sécurité des soins. Lire la suite

Contribuons à réduire la mortalité périnatale en Ile-de-France en améliorant les connaissances !

Consultez le rapport de l’étude expérimentale, dont les résultats ont été présentés à l’occasion de la Semaine de la Sécurité des Patients qui avait pour thème « La sécurité des patients dès le début de la vie », puis lors de la journée des Dispositifs Spécifiques Régionaux en Périnatalité franciliens le 13 novembre 2025. Lire la suite

Le 4 septembre 2025, la STARAQS, en collaboration avec la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France, a organisé un webinaire d’information sur l’évaluation de la qualité des Établissements et Services Sociaux et Médico-Sociaux (ESSMS). Cet événement a permis de présenter les résultats de l’année 2024 et des modalités de publication des résultats 2025.

Principaux enseignements à retenir sur les résultats des évaluations 2024

En 2024, un total de 121 organismes évaluateurs ont réalisé 6 367 évaluations. Environ 50% de ces évaluations ont été effectuées par seulement 15 organismes, ce qui représente environ 12% du total des organismes évaluateurs.

Le coût moyen déclaré pour une mission d’évaluation mono-ESSMS s’élève à 7 240 € TTC, qui est stable par rapport à 2023.

Les évaluations multi-ESSMS ont connu une hausse significative, passant de 59 en 2023 à 306 en 2024.

Au niveau des scores obtenus, les cotations moyennes restent comparables à celles de 2023, avec une légère baisse sur certaines thématiques comme l’accompagnement à la santé et la gestion des risques. Seuls 19% des ESSMS ont satisfait à l’ensemble des critères impératifs, soulignant un besoin d’amélioration dans la démarche qualité.

Concernant la thématique relative à la démarche qualité et la gestion des risques, en particulier le critère 3.10, celle-ci est partiellement maîtrisée dans les ESSMS. Point important, la performance sur ce critère a un impact significatif sur la cotation globale, influençant directement leur classification sur l’échelle qualité. Pour de nombreuses structures il s’avère nécessaire de renforcer leurs processus pour améliorer la qualité des soins et la sécurité des personnes accompagnées.

Concernant la participation des personnes accompagnées, cet objectif est atteint pour la plupart des ESSMS. Il existe néanmoins une marge de progression dans la communication des suites données à l’expression des personnes.

Annonces sur le choix des accompagnés traceurs et sur les modalités de visite multi-sites

La HAS préconise un nombre minimal d’accompagnés traceurs, déterminé par la capacité autorisée des ESSMS . Par exemple, pour les ESSMS de plus de 90 places, il est recommandé d’inclure au moins 6 accompagnés traceurs dans l’évaluation pour garantir une représentation des différents accompagnements. La fiche pratique n°3 dans le manuel d’évaluation des ESSMS actualisée en juillet 2025, présente des directives détaillées sur les seuils et les conditions de mise en œuvre de cette méthode, assurant ainsi une approche rigoureuse et cohérente. Lors des visites d’évaluation, un accent particulier est mis sur le temps dédié aux traceurs ciblés dans le cadre de l’évaluation du chapitre 2. Le choix d’intégrer des temps d’observations lors des réunions et de moment de coordination permet de valoriser le travail des équipes et d’assurer une évaluation plus orientée sur les pratiques professionnelles.

Des précisions ont été apportées sur les évaluations multi-ESSMS. Les prérequis incluent une autorisation formalisée de l’autorité de contrôle, une gouvernance et un pilotage de la démarche qualité en commun, et une proximité géographique des ESSMS regroupés. Les facteurs clés de réussite incluent une planification rigoureuse et une communication efficace entre les différentes entités. Enfin il est important de noter qu’un seul rapport est émis à la suite d’une évaluation multi-ESSMS regroupant plusieurs entités géographiques. Fiche pratique – La conduite d’une évaluation Multi-ESSMS

Le calcul et la communication des scores : QUALISCOPE

Les participants ont pu découvrir en avant-première la présentation des modalités de la publication des résultats. Le principe du Nutriscore, facilement compréhensible par le grand public qui y est habitué est bien retenu. La note est obtenue à partir de la moyenne globale des 42 objectifs du référentiel. Cette moyenne compte pour 90% de la note. La cotation du critère 3.10 obtenue à partir des entretiens avec le CVS et la gouvernance génère une surpondération de 10 % appliquée à toutes les cotations pour toutes les catégories de structures confondues.

La répartition A/B/C/D est la suivante sur l’ensemble des ESSMS évalués jusqu’en juin 2025 :

  • A : 15,9 %
  • B : 44,0 %
  • C : 36,7 %
  • D : 3,3 %

A -Démarche qualité avancée : La démarche qualité est dite avancée lorsque l’ESSMS s’engage de manière volontariste, en collaboration continue avec les professionnels et les personnes accompagnées, dans l’élaboration des modalités d’accompagnement adaptées et personnalisées selon les besoins évolutifs d’accompagnement des personnes.

B -Démarche qualité structurée : La démarche qualité est dite structurée lorsque l’ESSMS élabore, en lien avec les professionnels, des modalités d’accompagnement structurées et globalement adaptées, mais non systématiquement réajustées à l’évolution des besoins d’accompagnement des personnes.

C -Démarche qualité partielle : La démarche qualité est dite partielle lorsque l’ESSMS a amorcé une réflexion sur l’organisation de l’accompagnement mis en œuvre, avec des modalités partiellement structurées et dont l’impact sur l’accompagnement des personnes est inégal.

D -Démarche qualité insuffisante : La démarche qualité est dite insuffisante lorsque l’ESSMS n’a pas défini clairement les modalités d’accompagnement, qu’elles sont peu ou pas suivies par les professionnels, et que leur impact est faible sur la qualité de l’accompagnement des personnes.

Les résultats seront publiés sur le site de la HAS et devront être affichés dans les locaux des ESSMS dans un délai de quatre mois après la transmission du rapport. Une fiche d’identité de l’établissement, une échelle qualité, et une extraction du rapport d’évaluation seront disponibles sur la page Qualiscope de la HAS. Un  Kit de communication a été mis à disposition.

 De nouvelles ressources 

Pour 2025, plusieurs outils et méthodes d’accompagnement ont été revus, notamment des fiches techniques sur la conduite des évaluations multi-ESSMS et la protection des données personnelles. Concernant le manuel d’évaluation, une mise à jour des références par fiches critères a été réalisée et un index publié par la HAS. Les professionnels sont encouragés à consulter les ressources disponibles sur les sites de la HAS et de la STARAQS.

Pour la première fois grâce au partenariat STARAQS – SFGG- FAS IDF et ARS IDF,  les établissements d’Ile de France ont participé à la campagne Nationale Choisir avec soin.

L’objectif  de cette campagne est de permettre aux professionnels de santé de s’évaluer par rapport à certaines pratiques ciblées par la SFGG comme étant à risque de non pertinence chez les patients/résidents de 75 ans et plus hospitalisés en MCO, SMR, USLD ou résident d’EHPAD le jour de l’enquête.

Les 5 pratiques ciblées portent sur :

  1. Les antipsychotiques
  2. Les benzodiazépines
  3. Les Inhibiteurs de la Pompe à Proton (IPP)
  4. Les bandelettes urinaires
  5. La décision partagée

En IDF 32 établissements se sont engagés, répartis en 66 services. Entre le 01/10/2024 et le 17/01/2025, 4181 dossiers ont été analysés et 220 entretiens menés.

Les services pouvaient choisir de s’évaluer sur 1 à 5 pratiques ciblées. En moyenne, les services en ont choisi 2.5, principalement les IPP, les benzodiazépines et les antipsychotiques.

Les résultats globaux montrent :

  • Pour les antipsychotiques : 30 % des plus de 75 ans avec des troubles neurocognitifs majeurs et des troubles psycho comportementaux ont une prescription d’antipsychotique.

Pour ces prescriptions, il n’est pas retrouvé dans le dossier de recherche de facteur déclenchant, et/ou de facteur déclenchant et/ou de mesure non pharmacologique.

Dans 57% des cas, il n’est pas retrouvé de dé-prescription programmée.

  • Pour les benzodiazépines : 47 % de patients / résidents en moyenne ont une prescription de benzodiazépines ou de composé Z. En EHPAD/USLD le taux est de 58%.

Dans 71% des cas, les patients / résidents sont sous benzodiazépines depuis plus de 3 mois, sans dé-prescription tentée (chiffres similaires selon les secteurs).

  • Pour les IPP : 57% des patients/résidents ont une prescription de plus de 8 semaines, sans indication au long cours ou avec posologie inadaptée. La dé-prescription n’a pas été envisagée dans 74% des cas.

En cas d’indication d’une prescription au long cours, le posologie est inadaptée dans 10% des cas.

  • L’indication d’une analyse d’urine (bandelette urinaire ou ECBU) : a été choisie par 21 services avec 60 dossiers analysés, principalement en MCO. Les résultats montrent que ces examens étaient non pertinents pour 8% des patients concernés. Aucun de ces examens n’a pour autant entrainé une prescription d’antibiotique.
  • La décision partagée reposait sur des entretiens semi-dirigés menés par des représentants des usagers formés pour l’étude. 220 entretiens ont ainsi été conduits. Les questions portaient sur :
    • L’information donnée à l’entrée sur les soins reçus. Cette information n’était pas présente dans 15% des cas
    • Les explications données en cas de nouveau soin. Cette information n’était pas présente dans 23% des cas
    • La présentation des avantages et inconvénients. Cette information n’était pas présente dans 41% des cas
    • La recherche de l’accord pour ce nouveau traitement. Cette information n’était pas recherchée dans 35% des cas
    • La place des proches était ensuite abordée. Il n’a pas été proposé qu’un proche soit présent lors des rencontres médicales dans 56% des cas, mais lorsqu’elle a été proposée, elle a été respectée dans 98% des cas.
    • L’information sur la possibilité de désigner une personne de confiance a été effective dans 88% des cas.
    • Les souhaits en cas de dégradations de l’état de santé n’ont été abordés que dans 33% des cas.
    • La proposition de rédiger des directives anticipées a été retrouvée chez 28% des personnes interrogées.

Les professionnels disposaient de leurs propres résultats dès la fin de la saisie et ont été invités à un webinaire de restitution des résultats régionaux le 18 mars 2025.

Lors de cette restitution, la boite à outils élaborée par la SFGG a également été présentée pour accompagner les professionnels dans leurs actions d’amélioration.

Elle est disponible sur le site de la SFGG.

La HAS a officialisé le 21 janvier 2025 le référentiel du 6ème cycle de certification des établissements sanitaires qui sera applicable à compter de septembre 2025. Afin de vous préparer au mieux à vos futures visites, la STARAQS vous propose un webinaire accessible à tous les professionnels d’IDF, de décryptage de cette nouvelle version le 20 mars 2025 de 13h00 à 14h30. Pour vous inscire, veuillez cliquer ICI.

La structure du référentiel reste la même (Chapitres, Objectifs, Critères, Eléments d’évaluation), les méthodes d’évaluation utilisées par les experts visiteurs sont également conservées avec quelques ajustements.

La HAS a mentionné avoir pour ambition de renforcer les exigences face à de nouveaux enjeux clés (numérique, intelligence artificielle, soins écoresponsables…), s’adapter aux priorités de santé publique (risque médicamenteux, utilisation des antibiotiques, mortalité infantile, plan personnalisé de prévention en psychiatrie…) et faire du patient un partenaire. Vous pouvez accéder au replay du webinaire de l’HAS en cliquant ICI.

Les principaux changements de ce nouveau référentiel concernent :

  • Un rééquilibrage du nombre d’objectifs (qui passent à 12) et de critères (de 132 à 118) entre les 3 chapitres du manuel mais le nombre d’élément d’évaluation augmente
  • L’augmentation du nombre des critères impératifs (passage de 17 à 21) et une évolution des modalités de déclenchement des fiches anomalies
  • Le renforcement des exigences sur les prises en charge spécifiques, notamment concernant la maternité, le secteur chirurgie et interventionnel, la santé mentale et psychiatrie, et l’addition de 2 nouveaux types d’activité (électro convulsivothérapie, radiothérapie)
  • 5 critères avancés : questionnement des patients sur les résultats de soins (PROMS), auto-administration des médicaments en cours d’hospitalisation (PAAM), accréditation des médecins et équipes médicales, formation par simulation, utilisation d’outils technologiques innovants notamment faisant appel à l’IA.

La HAS a mis en ligne sur son site des outils d’appropriation de ce 6ème cycle notamment une application permettant d’extraire des grilles d’évaluation sous format Excel adaptables à chaque établissement. Elle a mis également à disposition des mises à jours documentaires utiles : liste des objectifs, liste des critères impératifs, fiches pédagogiques et infographies revues sur les méthodes, de nouvelles fiches pédagogiques (télésanté, dispositifs médicaux numériques et innovants, secteur interventionnel…). Pour accéder aux documents, veuillez cliquer ICI.

En complément du webinaire de décryptage du 20 mars, la STARAQS, afin d’accompagner au mieux les établissements d’Ile de France, est en cours de planification d’autres webinaires sur la certification courant 2025 concernant des évolutions majeures ou des thématiques ciblées. Nous vous communiquerons les dates dans nos actualités et sur notre site.

Enfin, pour ses adhérents, la STARAQS conduit régulièrement des « café STARAQS », de format court sur 30 à 45mn en mi-journée. Celui du 10 avril à 13h à 14h sera consacré à l’explication et la mise à disposition d’un outil sous format Excel permettant de disposer des éléments d’évaluation de certification HAS 6ème cycle, avec un comparatif détaillé à la version 2024. Pour vous inscrire, veuillez cliquer ici.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la mise en ligne de notre kit EIGS dédié au ESSMS, accessible à tous sur la plateforme ressource de la STARAQS.

Ce kit comprend les outils pratiques et la méthodologie nécessaire pour aider les ESSMS à détecter, signaler et analyser les EIGS de manière efficace et pro active.

Il est composé de 26 documents tel que des guides, des fiches reflexes, et également de documents clés en mains tels que « la check list de préparation d’une analyse approfondie des causes », « la charte de confiance », …

Pourquoi un kit EIGS ?

Notre objectif est de renforcer la sécurité et la qualité des soins au sein des ESSMS qui n’ont pas toujours les ressources nécessaires.

Ce kit a été conçu pour être pratique, facile d’utilisation, et aussi pour apporter les connaissances nécessaires à une gestion optimale des EIGS.

Grâce à son approche clé en main certains documents peuvent être directement adoptés par les ESSMS et d’autres sont personnalisables.

Les professionnels disposent de ressources claires et précises pour mieux identifier les EIG et améliorer leurs pratiques

En complément du kit, nous avons construit un jeu de sensibilisation des équipes en cours de test dans six établissements.

Le jeu est conçu pour offrir aux professionnels une opportunité d’apprentissage interactive. Il leur permet de tester leurs connaissances de manière ludique, de collaborer avec leurs collègues pour résoudre des défis, et d’acquérir de nouvelles compétences en matière de sécurité et de gestion des EIGS.

Grâce à cette approche collective et participative, les équipes renforcent leur culture de sécurité des soins tout en s’amusant.

Nous sommes impatients d’avoir les premiers retours. Si vous souhaitez contribuer au test du jeu, n’hésitez pas à nous solliciter à : contact@staraqs.com.

 

Dans le contexte francilien et dans le cadre de nos missions, la STARAQS s’est particulièrement intéressée au secteur de la périnatalité en raison des risques qu’il implique et de la complexité de ses interfaces entre l’obstétrique, la néonatalogie et l’anesthésie sur le parcours de la femme enceinte. Depuis plusieurs années, de nombreuses actions ont ainsi été déployée. Lire la suite

Forte de son expérience d’appui à l’analyse lors de revues de mortalité et de morbidité (RMM) impliquant plusieurs établissements, la STARAQS a élaboré un guide RMM « parcours multisite » : les conditions pour réussir!. Elle vous propose quelques conseils pour analyser et trouver avec succès les causes d’un événement indésirable grave dans ce contexte si particulier. Ces travaux font l’objet d’un article qui sera prochainement publié dans le journal « Risques & Qualité ». Lire la suite

La participation des Représentants des Usagers aux Revues de Morbidité-Mortalité : Un entretien avec les Représentants des Usagers et la Coordinatrice de la Gestion des Risques Associés aux Soins (CGRAS) du Centre Hospitalier  Victor DUPOUY d’Argenteuil animé par la  STARAQS avec la participation de France Asso Santé IDF.

Le Centre Hospitalier d’Argenteuil a conduit depuis plusieurs années le projet novateur de convier puis de faire participer activement les Représentants des Usagers (RU) aux RMM réalisés, à la suite de la survenue d’événements indésirables graves.

Cette démarche qui s’inscrit dans le cadre du développement de l’expérience patient s’est progressivement développée sur l’établissement. Elle a nécessité un accompagnement des RU de la part de la direction qualité afin de s’approprier au mieux  les règles et les modalités de fonctionnement de ces réunions. Pour les professionnels, il a fallu expliquer et faire accepter la présence de ces « personnes extérieures » qui ont apporté le regard des usagers pour l’analyse de la situation et l’élaboration des plans d’action.

La STARAQS a accompagné le Centre Hospitalier d’Argenteuil dans la réalisation de la première RMM avec la participation des RU. Ce principe est désormais intégré dans la conduite des RMM de l’hôpital.

Ce projet a été salué par les Trophées de la qualité en établissement de santé de l’ARS IDF

Dans un entretien que nous avons filmé, les représentants des usagers racontent la genèse du projet, les difficultés de leur présence et positionnement au sein de la communauté médicale et paramédicale, les précautions indispensables afin d’assurer dans un esprit constructif, la représentation et le respect du patient.

La participation de la chargée de mission de France Asso Santé IDF a permis d’entendre, à partir d’une enquête réalisée au niveau national, les besoins des RU pour se sentir à l’aise et participer activement à ces réunions :

  • disposer d’une formation associant des principes et des retours d’expériences
  • être informé des faits concernant l’événement en amont de la RMM afin d’identifier leur possibilités d’interventions,
  • recueillir le point de vue du patient sur la façon dont il a vécu l’événement ainsi que son ressenti lors d’une rencontre du patient après son accord
  • accéder au compte rendu de la RMM pour suivre la mise en œuvre des mesures correctives dans le cadre de leur mission à la CDU

Quant à la STARAQS, Structure Régionale d’Appui à la Qualité des soins et à la Sécurité des patients d’Ile de France qui a animé cette interview, elle s’emploie à promouvoir « l’engagement patient » en lien avec la feuille de route de la sécurité des patients de la DGOS et du Projet régional de santé d’Ile de France». Cette pratique innovante vise à reconnaitre et valoriser les démarches qui favorisent un partenariat équilibré entre patients et soignants.

Ainsi, nous accompagnons le déclarant de l’événement indésirable à favoriser la présence et la participation d’un représentant des usagers à la RMM que nous conduisons avec lui.

Cela nécessite :

  • d’informer les Représentants des Usagers (RU) de l’évènement, de les convier à la réunion d’analyse, ou encore, à les inviter à recueillir le récit du patient et son ressentit
  • de savoir si le patient est informé de cette réunion d’analyse concernant la situation qu’il a vécue
  • d’avoir son accord en lui proposant la possibilité de se faire représenter lors de la RMM par un RU

Notre objectif est d’apporter à l’analyse le point de vue du patient, en mettant un éclairage unique de la manière dont il s’est produit, mais aussi, lors de la réunion de recentrer les professionnels de santé sur des actions systémiques et les problématiques de la prise en charge globale du patient pour prévenir la récidive d’un tel évènement.

A l’issue de ce projet partagé, la STARAQS envisage la rédaction d’un guide à destination des professionnels et des directions d’établissement, pour encourager cette démarche.

Cette interview est à votre disposition en cliquant ICI.

La mission a été donnée à l’IGAS en aout 2023 par le ministre de la santé dans un contexte de réforme de financement pour 2024 afin d’introduire davantage de financement à la qualité (sur des objectifs de santé publique) en parallèle au financement à l’activité et aux missions.

Elle a comporté le diagnostic du dispositif actuel, des entretiens avec les administrations et les professionnels via questionnaire. Le rapport rappelle certaines définitions et fait état des différents modes de régulation de la qualité qui existent, il donne les résultats des enquêtes réalisées et quelques comparaisons d’indicateurs d’autres pays.

Les points principaux du contexte rappelés dans le rapport sont les suivants :

  • Le financement à la qualité avait été introduit en 2012 avec l’expérimentation de l’IFAQ, généralisé en 2016 en MCO et HAD puis étendue au SMR et récemment en PSY. Des enveloppes augmentées progressivement (200 M€ en 2019, 700 M€ en 2023). Couverture progressive des différents secteurs d’activité (urgences, …)
  • Une littérature économique mitigée mais un dispositif considéré comme un soutien aux démarches managériales.
  • En pratique, de nombreux défauts de l’IFAQ sont constatés : juxtaposition de dispositifs réglementaires peu clairs, dispersion des acteurs administratifs induisant des fonctionnements en parallèle, outil très complexe et ne permettant pas d’anticiper, trop axé processus et établissement, il parle peu aux équipes de soins.

La démarche qualité est souvent perçue par les soignants comme une contrainte imposée ayant peu de lien avec l’activité de soins alors que celle-ci est en lien direct avec la pratique quotidienne des soignants. Le dispositif actuel d’incitation financière est peu lisible et peu connu des soignants.  Il est rarement utilisé comme un outil de management et a donc peu d’impact sur les pratiques. Il existe un réel besoin de simplification du dispositif ainsi que de sens à donner pour les soignants préalable à l’appropriation.

La qualité doit se mesurer au plus près des soins, par des indicateurs mesurables pour chaque service de soins et il faut y inclure des résultats par spécialités ou pathologies sur le plan clinique mais aussi tels que vus par les patients.

Le levier financier est l’un des éléments d’une stratégie plus globale de la qualité intégrant la sécurité, la pertinence et la qualité des pratiques.

La mission préconise de :

  • Refonder la gouvernance de la qualité en santé en créant une instance de gouvernance nationale (petite équipe pluridisciplinaire) de la qualité en santé et en élaborant une feuille de route pluriannuelle sur la qualité des soins intégrant tous les leviers y compris sécurité et pertinence
  • Engager une concertation pour augmenter les missions des instances régionales sur la pertinence des soins (IRAPS)
  • Unifier, rénover et étendre le dispositif actuel de l’incitation financière IFAQ
  • La représentativité de E-SATIS doit être améliorée
  • Le dispositif CAQES pourrait être supprimé et intégré dans le financement global
  • Concernant les indicateurs, deux ensembles sont proposés :
    • 1er ensemble (pilier 1 de financement) : indicateurs transversaux avec un calcul déclinable au niveau du service de soins
      • Indicateurs socles pérennes communs à tous (certification, Prise en charge douleur, prise en compte du bien-être/de l’expérience du patient, Indicateur de coordination du parcours intra hospitalier, QVT soignant (Baromètre QVT obligatoire)). Pour la certification, une variante pourrait considérer que c’est un prérequis pour recevoir une rémunération à la qualité et non un indicateur socle
      • Indicateurs temporaires pour 3 à 4 ans centrés sur des axes d’amélioration prioritaires (déclaration EI, numérique, développement soins écoresponsables, recours HAD ou à l’ambulatoire, indicateurs pertinence tels que dans le CAQES…). Avec accompagnement des établissements sur les évolutions des indicateurs établissements ou spécifiques secteurs d’activité, déclinables sur le plan régional.
    • 2ème ensemble (pilier 2 de financement) : mesure des résultats de soins par spécialités ou pathologies. Celui-ci implique la mobilisation des sociétés savantes, l’évolution des systèmes d’information pour des recueils automatisés, le développement du recueil des données de santé, les registres de pratiques, etc.

Des exemples d’indicateurs de résultats sont présentés dans le rapport : cataracte (PROMS avant/après intervention), Agence de Biomédecine (greffes, AMP : analyse rétrospective des échecs), réseaux de surveillance Santé Publique France (ISO), antibiorésistance (SPARES), etc.

Cependant, financer au résultat des soins peut bloquer le dispositif, il faut donc valoriser la mesure et l’analyse des résultats et encourager la transparence entre pairs avec l’inscription des équipes de soins dans la démarche et impulsion donnée à la comparaison entre pairs. Ensuite, progressivement avec la participation des patients, une majoration du financement pourrait s’envisager par exemple, en cas de mesures de type PROMS ou de retour d’expérience auprès des équipes (forfait de financement des temps collectifs).

Il n’est pas prévu de majoration de l’enveloppe financière tant que le dispositif n’est pas stabilisé.

Enfin, un calendrier est proposé avec mise en place d’une équipe projet pilotée par la DGOS pour définir les organisations à l’été 2024, commencer les aspects techniques en 2024 et pour introduire les éléments dans la loi de financement 2025, tester le dispositif rénové en 2025, et généraliser en 2026.