Retour d’Expériences sur les Evénements Indésirables Graves associés aux Soins (EIGS) en Ile de France – Période 2017 – 2019

Le Centre d’Analyse des Risques de l’ARS ile de France vient de présenter dans un article publié dans la Revue Risques et Qualité, les résultats des 637 déclarations (volets 1) enregistrées sur la période de mars 2017 à mars 2019. Au cours de cette même période, la STARAQS a réalisé 59 appuis à la demande des déclarants.

Ce premier bilan francilien montre la nécessité de poursuivre les efforts entrepris pour promouvoir la déclaration des EIGS et la culture positive de l’erreur auprès des professionnels.

Vous trouverez ci-dessous les principaux résultats présentés dans cet article.

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Des enseignements pour les crises futures et des orientations pour une rénovation du management du système hospitalier. Un rapport du CNRS.

Ce rapport est composé de trois parties. La première est un retour d’expérience sur la gestion de la crise Covid-19 par les acteurs du système hospitalier.  La deuxième partie porte sur les enseignements que l’on peut tirer de l’expérience de gestion qu’a constituée la crise Covid-19 pour les crises futures. La troisième partie donne trois orientations pour le management hospitalier de demain afin de rapprocher ces deux qualités qui semblent désormais nécessaires dans le fonctionnement de tout hôpital moderne, agilité et performance.

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RETEX COVID 19 / De nouveaux outils disponibles élaborés avec la FORAP

La période de crise actuelle a entraîné des modifications majeures des organisations et des pratiques professionnelles tout en s’appuyant sur la nécessité de renforcer la coopération et la communication avec l’ensemble des professionnels.

A l’échelle de chaque structure et équipe, il est essentiel d’analyser en profondeur les actions entreprises afin d’identifier les lacunes, les leçons et les meilleures pratiques. Pour ce faire, il est essentiel de réaliser un Retour d’Expériences (REX ou RETEX).

Il s’agit d’une approche précise et rigoureuse qui se mène pas à pas, sans précipitation, afin d’éviter de tomber dans le piège des raccourcis et des constats de premières intentions. La tâche peut sembler imposante et chronophage, elle est pourtant incontournable pour en tirer des enseignements, identifier les pratiques à conserver et/ou à adapter et ainsi mieux appréhender les futures crises sanitaires.

Dans ce cadre, la STARAQS a contribué au sein de la FORAP (fédération nationale des SRA) à la construction d’outils opérationnels.

 

Les mémos et outils du RETEX COVID

Les mémos sont disponibles sur le site internet de la STARAQS et  mis en lien ci-dessous.

Les guides et supports sont réservés aux adhérents du  GRRIFES Réseau des professionnel.le.s de l’ Ile de France intéressé.e.s par la qualité et la sécurité des soins. GRRIFES ou sur demande à contact@staraqs.com

  • Plan Reprise Activité
    • Check-list d’organisation dans le cadre du Plan de sortie de crise aigüe accessible uniquement aux adhérents du GRRIFES ou sur demande à la STARAQS
  • En cours de mise en œuvre et de diffusion pour septembre 2020
    • Évaluation du dispositif de gestion de crise pour les soins primaires : Mémo et grille d’évaluation
    • Recueil d’expériences usagers (RU, associations, patients/usagers) pendant la gestion de crise aiguë : Mémo et questionnaires type de recueil d’expérience.

Une veille documentaire sur le COVID est à votre disposition en cliquant sur le lien suivant

Un webinaire pour mieux s’approprier les outils

Pour éclairer le déploiement et l’appropriation de ces outils, la FORAP organise un webinaire que vous pourrez regarder en replay sur le site de la STARAQS d’ici fin juillet.

 

Pour adhérer au réseau GRRIFES ou pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter : contact@staraqs.com

 

Le programme de travail « Automne – Hiver » 2020 de la STARAQS !

Ce programme est axé sur 4 thématiques :

  • l’Expérience Patient, un axe important de la certification V2020
  • Le Travail en Equipe, une démarche renforçant la sécurité des soins, un autre critère de la certification V2020
  • l’enquête de prévalence sur les escarres, dans la continuité du programme Sauve Ma Peau, initié par l’ARS en 2015
  • Une formation-action sur l’analyse des Evénements Indésirables Graves Associés aux Soins destinée aux professionnels de terrain des trois secteurs de la santé : sanitaire, médico-social et ville

Afin de vous aider dans la mise en œuvre opérationnelle de ces projets au sein de votre structure, nous vous proposerons un suivi individualisé et/ou collectif.

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Guide de gestion et d’analyse des EIGS dans le secteur médico-social

Dans le cadre de ses missions, la STARAQS a pour objectif d’apporter un appui méthodologique à la gestion des EIGS ainsi qu’à l’élaboration des plans d’actions.

Pour répondre à une forte demande, une version médico-sociale du guide de gestion des EIGS est à votre disposition.

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COVID 19 – La STARAQS, mobilisée aux côtés des structures d’hébergement pour personnes en situation de handicap

Dans le contexte de l’épidémie COVID 19, la STARAQS a mis à la disposition de la Direction de l’Autonomie de l’ARS Ile de France, son expérience d’accompagnement des structures en difficulté et son expertise en matière d’organisation des soins et de gestion de crise afin de contribuer à la limitation de la propagation de l’épidémie Covid 19 et à la reprise progressive des activités dans les structures d’hébergement pour les personnes en situation de handicap.

Les activités de la STARAQS ont porté sur les 4 axes suivants :

  • La réalisation d’une veille documentaire COVID quotidienne pour les secteurs EHPAD, Handicap et Soins primaires afin de faciliter l’information des professionnels de santé avec une mise à disposition de documents actualisés et adaptés en favorisant les supports pédagogiques, les fiches pratiques, les diaporamas et les tutoriels.

Cette veille documentaire a ainsi contribué à alimenter le site Internet de la STARAQS dans un espace dédié COVID 19, créé à cette occasion et complété par la mise en place d’une foire aux questions (FAQ) pour les structures d’hébergement handicap. Plus de 300 documents COVID ont ainsi été recensés et analysés et 200 ont été publiés sur notre site internet.

  • La rédaction de recommandations pratiques sur l’organisation du confinement et du déconfinement en structures d’hébergement dans le secteur du Handicap.

La première recommandation intitulée « Gestion de crise et mesures de confinement dans les établissements et services médico-sociaux handicap pour adultes et pour enfants »   a été rédigée en collaboration étroite avec la Direction de l’Autonomie de l’ARS IDF et avec l’expertise du CPias- IdF et du CREAI IdF. Ce document détaille les modalités organisationnelles de mise en place de ces mesures selon le nombre de résidents et leur symptomatologie en rapport avec le statut virologique, le type de handicap et les ressources de la structure.

La deuxième recommandation intitulée « Déconfinement et reprise des activités des ESMS pour enfants et adultes handicapés » a elle aussi été rédigée en étroite collaboration avec la Direction de l’Autonomie. Elle détaille les modalités de dépistage des résidents et des professionnel.le.s et les conduites à tenir afférentes ainsi que les modalités organisationnelles de mise en place du déconfinement au niveau de l’ensemble de la structure, mais également au niveau de chaque usager.

  • La réalisation de deux webinaires pour informer et former les professionnels sur les modalités pratiques de confinement et de déconfinement en structures d’hébergement – Handicap.

Le premier webinaire sur « Le confinement en structures d’hébergement – Handicap » a eu lieu le jeudi 9 avril 2020, et le deuxième sur « Le dépistage et le déconfinement en structures d’hébergement – Handicap » le mardi 19 mai.

Ces webinaires ont été suivis en direct par près de 600 professionnel.le.s de santé et plus de 200 pour les replay.

Pour chacun de ces webinaires, les questions du tchat ont fait l’objet d’une analyse et de réponses adressées aux participants et mises en ligne sur la FAQ du site internet de la STARAQS.

  • La réalisation d’un appui individualisé aux équipes de direction des structures d’hébergement handicap, via les Délégations Départementales ou par sollicitation directe.

L’équipe de la STARAQS a réalisé un accompagnement des directeurs et des médecins coordonnateurs de certaines structures pour leur apporter un appui dans leurs organisations de confinement et de déconfinement en interaction avec les Délégations Départementales et la Direction de l’Autonomie de l’ARS Ile de France. Plus de 30 démarches d’appui ont ainsi été réalisées sur des thématiques telles que l’organisation et les conduites à tenir suite aux dépistages, l’anticipation et l’organisation de l’ouverture des structures externes ou le Plan de Reprise de l’Activité.  Cet appui se poursuit aujourd’hui pour répondre aux besoins des structures.

Et maintenant ?

Pour ceux d’entre vous qui envisagent de réaliser des Retour d’Expérience, nous travaillons à la production d’outils méthodologiques pour vous accompagner dans cette démarche.

Par ailleurs,  nous reprenons peu à peu l’ensemble de notre programme d’action 2020 pour vous proposer de nouveaux projets à partir de la rentrée de septembre !

Programme de travail 2020 de la STARAQS

Désignée par l’ARS comme la structure régionale d’appui de l’Ile de France, la STARAQS a pour principale mission de renforcer la qualité des soins et la sécurité des patients pris en charge en établissements de santé ou en ambulatoire et celles des résidents des structures médico-sociales du territoire francilien.

Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de travail 2020, la STARAQS s’est fixé les objectifs suivants :

  • Promouvoir la confiance dans la déclaration des Evénements Indésirables Graves Associés aux soins, par un appui méthodologique auprès des professionnel.le.s de santé dans la gestion de l’événement, l’analyse approfondie des causes et la mise en place d’actions d’amélioration,
  • Renforcer la démarche qualité et gestion des risques au sein des établissements sanitaires, des structures médico-sociales et dans les soins primaires,
  • Construire avec et pour les professionnel.le.s de terrain des méthodes et outils d’amélioration de la qualité et la sécurité des soins et les diffuser,
  • Être le relais du terrain auprès des instances régionales pour participer ensemble à la mise en œuvre de la politique régionale de santé en prenant en compte les spécificités départementales,
  • Assurer un accompagnement collectif et une expertise méthodologique auprès des structures et des professionnel.le.s dans le domaine de la qualité et la sécurité des patients.
  • Renforcer le réseau régional de référent.e.s « Qualité des soins et Gestion des risques » représentant les différents types et modes d’exercice en Ile de France.

Nos thèmes de travail s’organisent autour de 5 axes :

  • L’axe 1 est ciblé sur l’appui et l’accompagnement à la gestion des événements indésirables graves associés aux soins,
  • L’axe 2 est ciblé sur l’appui et la mise en œuvre des démarches qualité et gestion des risques,
  • L’axe 3 est ciblé sur l’appui aux démarches qualité en soins primaires
  • L’axe 4 est ciblé sur l’Expérience Patient
  • L’axe 5 est ciblé sur la Certification V2020

 

Le programme de la STARAQS en 4 pages est disponible en cliquant sur le lien suivant : « Programme 2020 ».

N’hésitez pas à nous faire part de nos commentaires et à rejoindre nos groupes de travail contact@staraqs.com

Bilan 2018 sur les événements indésirables graves associés à des soins (EIGS) – HAS

La Haute Autorité de Santé vient de publier les résultats des 820 « déclarations complètes » qu’elle a analysées depuis l’ouverture du portail (période de mars 2017 à décembre 2018).

Pour cette même période, 3 536 signalements sont déclarés sur le portail national (volet 1) et 1 732 EIGS ont été analysés par les professionnels déclarants (volet 2) dont 175 proviennent de la région Ile de France.

Selon la HAS, seulement 46 % des volets 2 présentent une qualité d’analyse, ce qui correspond aux 820 déclarations analysées par la HAS.

Vous trouverez ci-dessous les principaux résultats du rapport de la HAS.

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L’objet du rapport consiste en l’analyse des 820 déclarations complètes d’EIGS (volet 1 et 2 de qualité suffisante) transmis anonymisées à la HAS entre mars 2017 et décembre 2018, afin d’identifier les défaillances récurrentes et d’émettre des préconisations ciblées sur l’amélioration de la sécurité du patient.

-Une augmentation marquée du nombre de déclarations

Elle est principalement liée à une meilleure connaissance de la plateforme de déclaration.

-Le déclarant

82% des déclarations proviennent du sanitaire dont 60 % en établissements de santé publics.

Les services de médecine, de chirurgie et de psychiatrie représentent 57% des déclarations.

Les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes représentent 12% des déclarations et le secteur de la ville 4%.

– La complexité de l’analyse des EIGS dont le lieu de constat diffère du lieu de survenue, justifie tout l’intérêt de l’appui des SRA.

– Les délais de traitement sont conformes aux attendus, notamment de 89 jours pour le « volet 2 » pour un attendu à 3 mois.

– Les caractéristiques de l’acte de soin sont :

  • A but thérapeutique (87%)
  • Programmé (48 %)
  • Pendant une période de vulnérabilité (nuit, week-end, changement d’équipe) (39%).
  • Estimé dans un degré d’urgence élevé (47%)
  • Avec une situation clinique du patient avant la survenue de l’EIGS jugée complexe, voire très complexe (62%)

– L’événement est considéré évitable ou probablement évitable dans 55 % des déclarations.

– Une information a été délivrée au patient et / ou aux proches dans 93% des EIGS.

– Les causes profondes

La qualité de l’analyse des causes profondes est essentielle car elle impacte directement du plan d’action.

Or, 30% des grilles ALARM sont insuffisantes et les barrières ne sont pas identifiées dans 50% des analyses.

Parmi les conséquences, 46% impactent psychologiquement les professionnels, notamment en cas de décès.

L’immaturité de la culture de sécurité se traduit par les 54 % d’analyse de qualité insuffisante, tandis que les déclarants ne sollicitent d’appui externe à l’analyse  lors du volet 1 (93%).

Cependant, 39% des déclarants ont bénéficié de l’appui d’une expertise, dont quelques-unes par les SRA.

– Les risques identifiés, par ordre de fréquence :

  • Suicides (n=181)
  • Erreurs médicamenteuses (n=111)
  • Chutes (n=121)
  • Obstétrique (n=44)
  • Contention physique passive (n=27)
  • Troubles de la déglutition (n=26) dont 52% conduisent au décès et qui ont lieu à 74% en psychiatrie et médecine, et 31% dans les ESMS pour adulte handicapé.
  • Les interventions SAMU / SMUR (n=24)

– Les préconisations

Elles concernent :

– L’amélioration de la sécurité des patients : étude sur les risques liés à l’utilisation des systèmes d’information, l’analyse approfondie en cas de décès inexpliqué du patient, la mise en œuvre des bonnes pratiques en matière de contention physique de la personne âgée ou d’isolement et de contention en psychiatrie. Ces axes d’améliorations sont prises en compte dans le programme pluriannuel de travail HAS sur les EIGS.

– L’amélioration du fonctionnement du dispositif de déclaration  afin d’augmenter le nombre de déclarations.

– Une plus grande sollicitation des SRA, le déploiement des « rencontres sécurité »  et la réalisation d’enquête « culture  sécurité »» permettraient d’améliorer la qualité de l’analyse des volets 2.

N’hésitez pas à solliciter un appui méthodologique à la STARAQS  pour vos déclarations sur le portail, l’analyse des causes et/ou l’élaboration du plan d’actions, via le site internet www.staraqs.com ou sur contact@staraqs.com

Pour lire le rapport, cliquez ici

Réforme du métier de médecin coordonnateur en EHPAD

Réforme du métier de médecin coordonnateur en EHPAD

Ce décret vise à clarifier le positionnement complexe du médecin coordonnateur en particulier vis-à-vis des médecins traitants des résidents. Les médecins libéraux ont en charge la prescription médicale de leurs patients, le médecin coordonnateur s’assure de la bonne adaptation des prescriptions aux impératifs gériatriques.

Jusqu’à présent, les prescriptions médicales du médecin coordonnateur étaient restreintes aux situations d’urgence et de risques exceptionnels.

Désormais, la prescription devient possible « pour tout acte, incluant l’acte de prescription médicamenteuse, lorsque le médecin traitant ou désigné par le patient ou son remplaçant n’est pas en mesure d’assurer une consultation par intervention dans l’établissement, conseil téléphonique ou télé-prescription ». L’information du médecin traitant reste une obligation.

Les risques exceptionnels incluent les épidémies de grippe saisonnière en autorisant la prescription de vaccin et d’antiviraux.

Le décret prévoit par ailleurs :

–  la coordination de l’évaluation gériatrique par le médecin coordonnateur. Ce dernier « peut effectuer des propositions diagnostiques et thérapeutiques, médicamenteuses et non médicamenteuses. Il transmet ses conclusions au médecin traitant ou désigné par le patient ».

– le médecin n’a plus l’obligation d’élaborer un livret thérapeutique, ce qui était rarement fait par manque de temps et par la disponibilité de livrets élaborés par les Omedit ou autres structures spécialisées. Il doit cependant toujours contribuer à la bonne adaptation aux impératifs gériatriques des prescriptions.

Autres missions :

– participer à la politique de formation au sein de l’établissement, la possibilité d’accueil d’interne en médecine,

– favoriser les projets de télémédecine,

– contribuer à la fluidification des parcours de soin

– animer une commission de coordination annuelle et non plus deux.

Ce réel élargissement du droit de prescription sera indéniablement bénéfique pour la prise en charge des résidents mais ne résout pas la problématique de l’absence de médecin traitant pour un nombre croissant d’entre eux. Compte tenu de cette évolution, le médecin coordonnateur sera sans doute amené à réaliser des actes de soin au détriment de la coordination, le temps de présence n’étant pas modifié.

Les EHPAD sont, à ce jour, confrontés à une double difficulté : le recrutement de médecin coordonnateur et la démographie déclinante de médecin traitant.

L’avenir nous dira si ces évolutions rendront la fonction de médecin coordonnateur plus attractive.

(1) Décret n° 2019-714 du 5 juillet 2019 portant réforme du métier de médecin coordonnateur en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (publié au JO le 6 juillet 2019)

 

L’Expérience Patient : nouveau concept ? effet de mode ou nouveau mode de management ?

Expérience Patient, de quoi parle-t ’on ? Un concept pas si récent…

En 2012, la Haute Autorité de Santé publiait un rapport intitulé « Expérience patient dans l’Infarctus du myocarde »

Dans ce rapport, la HAS précise qu’il n’existe pas de définition standardisée de l’expérience patient dans la littérature.

En effet, selon l’analyse de la littérature réalisée, l’expérience des patients peut être définie comme :

  • « La valeur patient concernant leur expérience des soins reçus et ce qu’ils considèrent inacceptables » (Picker/Commonwealth Program for PatientCentered Care, 1987 ; Projet de recherche qualitative. Harvard Medical School, Gerteis 1993 ; Valerie Billingham 1998)
  • « L’expérience consentie par la personne soignée de la transparence, l’individualisation, la reconnaissance, le respect, la dignité et de la possibilité de faire des choix dans tous les domaines qui touchent aux situations ou relations du soin la concernant » (Berwick 2009)
  • ou encore : (NHS Guide, Information about guidance 138 et Guidance 138 ; 2012 )
    • avoir le bon traitement dans un environnement confortable, soignant et sécurisé, délivré d’une manière calme et rassurante
    • avoir des informations pour faire des choix, se sentir en confiance et pris en charge (sous contrôle)
    • faire l’objet de communication et d’écoute comme un égal, traité avec honnêteté, respect et dignité »

Ainsi, huit dimensions de « patient-centred care » ont été décrites dans la littérature : 1/ l’accès, 2/ le respect pour les valeurs, les préférences et les besoins exprimés des patients, 3/ la coordination et l’intégration du soin, 4/ l’information, la communication et l’éducation, 5/ le confort physique, 6/ l’aide émotionnelle et le soulagement de la peur et de l’anxiété, 7/ l’implication de la famille et des amis, 8/ la transition et la continuité. Un 9ème domaine a été proposé par Cleary en 2010 : la courtoisie.

Et enfin, selon le rapport du King’s Fund de 2010, les mesures de l’expérience rapportées par les patients ou PREMS (Patient-Reported Experience MeasureS) peuvent apporter des informations utiles sur les soins de la perspective du patient, qui par nature reflète l’expérience du process plutôt que le résultat du soin (Devlin Nancy J, & Appleby John, King’s Fund, 2010).

En conclusion de ce rapport, la HAS mentionne que :

« La littérature analysée dans ce rapport permet de proposer les conclusions suivantes :

  • L’Expérience Patient consiste en pratique à solliciter la contribution du patient comme source d’information des soins/prises en charge reçus et programmés, en recueillant notamment sa perception et sa satisfaction de la qualité des soins au sens large : traitements, interventions, communication, information, suivi…. Elle comporte des éléments objectifs et d’autres subjectifs.
  • L’Expérience Patient permet d’identifier des étapes et domaines de la prise en charge à améliorer, des 1ers signes au suivi ambulatoire, et contribue ainsi à améliorer la qualité et la sécurité des soins.
  • L’Expérience Patient a un impact sur l’évolution de la pathologie, la morbi-mortalité à court et moyen terme, le recours aux soins, dont les réhospitalisations. L’effet d’une mauvaise expérience à l’hôpital peut être réversé par une bonne expérience au cours du suivi. La mesure de l’Expérience Patient est ainsi validée dans l’infarctus du myocarde. Elle représente un levier potentiel pour améliorer la qualité et la sécurité des soins et optimiser l’impact clinique (morbi-mortalité – réhospitalisations – qualité de vie). »

En France, L’Institut Français de l’Expérience Patient a été créé en 2016. Il s’agit d’une organisation à but non-lucratif dont la vocation est de contribuer à faire de l’expérience patient un levier de transformation du système de santé en France.

La définition qu’elle propose est inspirée par le Beryl Institute et définit l’Expérience patient comme « L’ensemble des interactions et des situations vécues par une personne ou son entourage au cours de son parcours de santé. Ces interactions sont façonnées à la fois par l’organisation de ce parcours mais aussi par l’histoire de vie de la personne concernée. »

Un concept pas si récent et pourtant…

A l’automne 2018, l’Institut a réalisé en collaboration avec BVA un sondage auprès de professionnels de santé sur l’expérience patient.

Sur les 886 répondants, seulement 55% des répondants connaissaient l’expression « Expérience patient » et depuis moins d’un an pour 30% d’entre eux….

Effet de mode ou nouveau mode de management ?

Un axe prioritaire de Ma Santé 2022

La stratégie annoncée dans Ma Santé 2022 propose une transformation en profondeur du système de santé autour de 3 engagements prioritaires :

  • Placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme
  • Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité
  • Adapter les métiers et les formations aux enjeux de la santé de demain

Ainsi, le premier engagement de Ma santé 2022 engage le système de santé et les professionnels à intégrer l’expérience patient comme levier d’amélioration.

En effet, favoriser la qualité, c’est assurer au patient qu’il recevra le bon soin par le bon professionnel au bon moment (la pertinence des soins), c’est prendre davantage en compte son vécu et ses retours d’expérience, mais aussi lui donner accès à une information qui lui permette de devenir acteur de sa santé.

Cela se concrétisera par la mesure systématique d’indicateurs d’efficacité clinique et d’expérience patient sur les 10 parcours présentant le plus d’enjeux en santé publique.

La France ne s’est pas encore vraiment engagée dans la production et la diffusion d’indicateurs de résultats des parcours de soins (ou « outcomes measures »), contrairement à plusieurs pays européens. Au-delà des indicateurs de sécurité (comme les taux de réhospitalisation), les indicateurs d’expérience patient visent à mesurer l’amélioration rapportée par le malade de son état de santé à la suite d’un épisode de soins ou tout au long d’un parcours : par exemple, après une chirurgie de la cataracte, il s’agira de mesurer la capacité du patient à lire le journal; sa capacité à monter l’escalier après une chirurgie de la hanche ou du genou, mais aussi sa qualité de vie pour les pathologies chroniques. Ce sont ces types d’indicateurs qui doivent être désormais mesurés systématiquement, en commençant par les pathologies les plus fréquentes.

Une des ambitions de la Certification 2020 : s’intéresser d’avantage au résultat pour le patient

Le dispositif de certification V2020 répond à l’ambition d’une amélioration de la qualité et de la sécurité des soins qui s’intéresse davantage au résultat pour le patient.

Le référentiel 2020 s’adapte ainsi aux évolutions du système de santé en portant une attention particulière à l’engagement des patients, à la culture de la pertinence et à la coordination des équipes

Cette orientation majeure se décline en un objectif structurant le référentiel 2020 qui porte sur le développement de l’engagement des patients.

« La loi du 4 mars 2002 a consacré les droits pour les patients. La garantie de ces droits est d’autant plus importante que les personnes hospitalisées présentent des vulnérabilités. Au-delà des aspects réglementaires, c’est l’ensemble du positionnement du patient qui a évolué. D’un individu passif dans sa prise en charge, celui-ci a évolué vers un patient disposant de droits, puis enfin à un patient partenaire dans sa prise en charge, voire dans certains cas un patient-expert ou un pair aidant.

L’engagement du patient – c’est-à-dire le partage de la décision quant à sa prise en charge, son

Implication dans les soins, son éducation thérapeutique – est considéré comme fondamental pour la qualité de sa prise en charge et un facteur clé de succès pour son rétablissement, sa rémission ou sa guérison. »

Le premier chapitre du nouveau référentiel est donc consacré au patient. Il est structuré autour de quatre sous-chapitres qui permettent d’apprécier la façon dont le patient est engagé dans sa prise en charge ; de s’assurer que ses droits lui sont bien communiqués et respectés, que ses besoins spécifiques sont pris en compte et que l’association de son entourage et des aidants est réellement mise en œuvre.

Ainsi, la nouvelle procédure de certification des établissements de santé, en écho à Ma Santé 2022, met au cœur du référentiel la prise en compte de l’expérience patient comme levier d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.

Pour vous accompagner dans la compréhension de cette nouvelle approche, la STARAQS a décidé d’organiser, en partenariat avec Institut Français de l’Expérience Patient, une journée dédiée à cette thématique intitulée « L’expérience patient : une nouvelle coopération à inventer »

L’objectif de cette journée est double : elle vise dans un premier temps à vous apporter des éléments pour mieux comprendre ce qu’est l’expérience patient et en quoi cette approche est aujourd’hui devenue incontournable et dans un deuxième temps vous donner l’envie d’agir en donnant la parole aux professionnels de santé déjà engagés dans cette approche pour qu’ils témoignent des démarches réalisées dan un objectif de partage d’expérience.

Cette journée se déroulera le 21 octobre prochain de 9h30 à 17h dans l’amphithéâtre de l’Hôpital Européen Georges Pompidou.

Nous espérons qu’elle sera le point de départ d’une nouvelle dynamique sur cette thématique dans notre région. Elle sera suivie de la mise en place d’un groupe de travail régional afin de poursuivre les travaux engagés dans un esprit de partage et de coopération.

Ce sujet vous intéresse ? Vous cherchez à mieux comprendre ce que recouvre le terme expérience patient ? Vous êtes intéressé par le retour d’expérience d’autres établissements ayant initié des démarches ? Vous souhaitez vous inscrire dans cette nouvelle dynamique ?

Inscrivez-vous et rejoignez-nous le 21 octobre !

Lien vers  le programme

et  le bulletin d’inscription

L’équipe de la STARAQS